Une application web sur mesure se rentabilise quand elle supprime un travail répété chaque mois. Voici comment le mesurer, puis le déroulé réel d'un projet, du premier appel au MVP, avec l'exemple de Kindtrack.
Quand une application web sur mesure devient-elle rentable ?
Une application web sur mesure devient rentable quand elle supprime une tâche qui revient chaque mois et dont le coût cumulé dépasse, en quelques années, le prix du développement. Si un formulaire ou un logiciel existant suffit, ce n'est pas le cas, et je vous le dis.
Le calcul est simple à poser. Combien d'heures par mois votre équipe passe-t-elle à recopier, compiler, relancer ou chercher une information ? Multipliez par ce que vous coûte une heure de travail, puis comparez au prix de départ d'un MVP, 5 000 € chez Opsidius. Le détail des paliers se trouve dans l'article sur le tarif d'un développeur web freelance.
Les situations qui justifient le plus souvent un développement :
- une même information saisie dans deux ou trois outils différents ;
- un rapport ou un tableau de bord reconstruit à la main chaque mois ;
- des fichiers Excel partagés que plusieurs personnes modifient en même temps ;
- des erreurs de saisie qui coûtent de l'argent ou des clients.
Un gérant de PME industrielle en Bretagne m'a décrit sa situation de départ en une phrase : « On gérait tout avec des Excel et des post-its. C'était le chaos. » Après la mise en place de l'application, ses équipes ont récupéré 10 heures par semaine.
À l'inverse, une application ne se rentabilise pas quand la tâche est rare, quand elle ne concerne qu'une personne quelques minutes par semaine, ou quand votre processus change sans cesse. Dans ces cas, un outil existant ou une simple automatisation fait mieux le travail pour une fraction du prix. Le premier appel sert aussi à écarter ces projets-là, avant que vous ayez dépensé quoi que ce soit.
Si vous hésitez encore entre un logiciel du marché et un développement, l'article acheter une application web compare les deux options critère par critère.
À quoi ressemble un projet rentable, concrètement ?
Kindtrack est l'application que j'ai développée pour JALMALV Morbihan, une association qui accompagne les personnes en fin de vie et leurs proches. Elle montre bien ce qu'un outil sur mesure rapporte quand il s'attaque à un vrai goulot d'étranglement.
Avant, les soixante bénévoles remplissaient des fiches papier à la main, les envoyaient par courrier, et la secrétaire ressaisissait tout. Elle y passait trois jours par mois. Les rapports exigés par la fédération nationale, dont dépendaient les subventions, croisaient des dizaines de données que personne ne pouvait consolider correctement.
| Indicateur | Avant | Avec Kindtrack |
|---|
| Déclaration d'une intervention | Fiche papier envoyée par courrier | Conçue pour prendre moins de deux minutes, depuis n'importe quel appareil |
| Rapports pour la fédération | Trois jours de compilation par mois | Générés en un clic, 100 % automatisés |
| Temps administratif | — | 20 heures économisées par mois |
| Volume traité | — | Plus de 3 900 interventions déclarées en 6 mois |
Le gain le plus inattendu n'est pas dans ce tableau. L'association a découvert des données qu'elle n'avait jamais pu croiser : kilomètres réellement parcourus, répartition géographique des interventions, périodes de forte activité. Autant d'arguments pour ses demandes de subventions.
La présidente, Marie-Christine Le Goff, le dit à sa manière : « On est passés du papier et du stylo à une application que tous nos bénévoles utilisent, même ceux qui ne sont pas à l'aise avec l'informatique. »
Un projet d'application sur mesure suit cinq étapes, du premier appel gratuit à la mise en ligne d'un MVP en 2 à 3 mois. Chacune se termine par une validation de votre part, ce qui évite de découvrir un malentendu au moment de la livraison.
- Premier appel (30 minutes, gratuit). Vous décrivez ce que vous faites aujourd'hui et ce qui coince. Pas besoin de vocabulaire technique : j'ai besoin de comprendre les gestes, les informations utilisées et le résultat attendu.
- Devis détaillé sous 48 heures. Il contient le planning, le budget et la liste des livrables. Le prix est fixe pour ce périmètre.
- Cadrage et maquettes. On isole le parcours essentiel, celui sans lequel l'outil ne sert à rien. Vous voyez écran par écran ce que fera chaque utilisateur avant que je code.
- Développement en sprints de deux semaines. Chaque sprint se termine par une démonstration. Vous testez sur vos propres cas, et vos retours orientent le sprint suivant.
- Mise en ligne du MVP, puis formation. Je livre la documentation, je forme les utilisateurs et j'assure la maintenance.
Pour Kindtrack, l'étape 4 a pris une forme particulière : des sessions de test avec les bénévoles à chaque étape du développement. Leurs retours ont façonné l'interface. Gros boutons, textes lisibles, pas de menus cachés.
Le MVP ne contient volontairement pas tout. Il sert à vérifier que l'outil est réellement adopté avant d'investir davantage. Les fonctions secondaires attendent une deuxième version, et elles sont alors chiffrées sur la base d'un usage réel plutôt que d'une supposition.
Que faut-il préparer avant le premier rendez-vous ?
Préparez un cas réel, du début à la fin : ce qui déclenche la tâche, ce que vous saisissez, ce que vous devez obtenir. Un exemple concret vaut mieux qu'un long cahier des charges rempli de termes vagues.
Apportez ce qui existe déjà. Vos fichiers Excel, vos formulaires papier, les e-mails que vous envoyez sans cesse : ces éléments montrent où l'outil doit intervenir.
Réfléchissez aussi à qui utilisera l'application, et avec quel appareil. Une équipe au bureau sur grand écran n'a pas les mêmes besoins que des bénévoles qui déclarent depuis leur téléphone en sortant d'une intervention.
Enfin, notez ce qui doit rester hors du projet. Une liste de « pas maintenant » est aussi utile qu'une liste de fonctions.
Pourquoi passer par un développeur indépendant pour ce type de projet ?
Avec un indépendant, la personne qui vous écoute au premier appel est celle qui conçoit, code et maintient l'application. Rien ne se perd entre un commercial, un chef de projet et un développeur.
Je suis ingénieur de formation et je développe depuis 2010, notamment sur des projets pour Thales, EDF et l'URSSAF. Cette expérience sert surtout à une chose : vous dire tôt si une fonction vaut son coût ou si elle peut attendre. Une directrice produit avec qui j'ai travaillé le formule ainsi : « Je cherchais quelqu'un qui comprenne le business, pas juste le code. » Son SaaS est rentable depuis le quatrième mois.
Pour savoir si un seul développeur suffit à votre projet, l'article sur le développeur fullstack freelance aborde la question. Je travaille depuis Nantes, avec des clients en Loire-Atlantique, dans le Morbihan et au-delà. Le détail de l'offre est sur la page développement d'application.