Abonnement à un logiciel existant ou application développée pour vous : les critères concrets pour choisir, avec deux cas réels, une brasserie de Vannes sortie des commissions et une association du Morbihan sortie du papier.
Faut-il acheter un logiciel existant ou faire développer une application web ?
Achetez un logiciel du marché si votre façon de travailler est standard ; faites développer une application quand l'outil existant vous coûte plus qu'il ne vous rapporte ou ne colle pas à vos utilisateurs. La question n'est pas technique, elle est économique et humaine.
Un logiciel en abonnement (ce qu'on appelle un SaaS) se met en route en quelques jours. Une application sur mesure demande au minimum 2 à 3 mois pour une première version. En contrepartie, elle fait exactement ce dont vous avez besoin, et rien d'autre.
| Critère | Logiciel du marché | Application sur mesure |
|---|
| Mise en route | Immédiate ou presque | 2 à 3 mois pour un MVP |
| Coût | Abonnement, parfois commission à l'usage | Prix fixe au départ, puis hébergement et maintenance |
| Adaptation à votre métier | Vous vous adaptez à l'outil | L'outil s'adapte à vous |
| Données | Stockées chez l'éditeur | Stockées sur un hébergement que vous contrôlez |
| Évolutions | Décidées par l'éditeur | Décidées par vous |
Ce tableau ne désigne pas de gagnant. Il montre où se situe le compromis.
Dans quels cas un logiciel du marché reste-t-il le meilleur achat ?
Un logiciel existant est le bon choix quand des milliers d'entreprises font la même chose que vous, de la même manière. Facturation, agenda partagé, messagerie d'équipe : ces besoins sont couverts par des outils éprouvés, et les redévelopper n'aurait aucun sens.
C'est aussi le cas quand vous testez une idée. Avant d'investir dans un outil dédié, utiliser un logiciel du marché pendant quelques mois vous apprend ce qui compte vraiment dans votre processus. Vous arriverez ensuite au cadrage avec des exigences concrètes plutôt qu'avec des suppositions.
Dernier cas : votre besoin peut se résoudre en connectant deux outils que vous avez déjà. Une automatisation entre vos logiciels démarre à 1 500 € et suffit parfois là où l'on imaginait une application entière. Je vous le dis dès le premier appel quand c'est le cas.
À partir de quand le développement sur mesure devient-il plus rentable ?
Le sur mesure devient rentable dès qu'un logiciel du marché vous prélève une commission sur chaque transaction ou vous oblige à contourner l'outil au quotidien. Trois signaux reviennent souvent :
- Vous payez à l'usage. Une commission par commande, par réservation ou par utilisateur grossit avec votre activité. Un outil qui vous appartient ne coûte pas plus cher quand vous travaillez davantage.
- Vos utilisateurs décrochent. Si une partie de votre équipe ne se sert pas de l'outil parce qu'il est trop compliqué, vous payez pour un logiciel que personne n'utilise.
- Vos documents ont un format imposé. Un rapport pour un financeur, une fédération ou un client exige souvent une mise en forme que les outils génériques ne produisent pas.
La Brasserie Des Halles, à Vannes, illustre le premier signal. Le restaurant compte 140 couverts répartis dans cinq salles, ouvert midi et soir sept jours sur sept. Les plateformes du marché comme Zenchef ou TheFork fonctionnaient avec des commissions par couvert ou des abonnements mensuels conséquents. J'ai conseillé une autre voie : un système de réservation intégré directement au site, qui gère les créneaux, la capacité salle par salle et les confirmations automatiques par e-mail.
Résultat : plus de 3 000 réservations en ligne depuis le lancement, et 0 € de commission versée à une plateforme. Le chef-restaurateur, Jean-François Ballot, le résume ainsi : « On payait une fortune en commissions pour un système de réservation sur lequel on n'avait aucun contrôle. Aujourd'hui on gère tout nous-mêmes. »
Que faut-il comparer avant d'acheter, au-delà du prix ?
Comparez le coût sur plusieurs années, l'adhésion réelle de vos utilisateurs et le contrôle de vos données, pas seulement le montant de départ. Un abonnement bon marché peut devenir l'option la plus chère, et l'inverse est vrai aussi.
Le coût dans la durée. Additionnez l'abonnement, les options payantes et les éventuelles commissions sur trois ou quatre ans. Mettez en face le prix d'un développement sur mesure, plus l'hébergement et la maintenance. Pour un ordre de grandeur, mes applications démarrent à 5 000 € pour un MVP ; le détail des paliers se trouve dans l'article sur le tarif d'un développeur web freelance.
Les personnes qui vont s'en servir. C'est le critère le plus sous-estimé. Pour Kindtrack, l'application que j'ai développée pour JALMALV Morbihan, les soixante bénévoles ont entre 50 et 80 ans et beaucoup n'utilisent un ordinateur qu'occasionnellement. Chaque écran a été conçu pour qu'un bénévole déclare une intervention en moins de deux minutes, sans formation. L'association devait aussi produire des rapports conformes aux exigences de sa fédération nationale. Avant l'application, tout passait par des fiches papier envoyées par courrier et ressaisies par la secrétaire, qui y consacrait trois jours par mois. Aujourd'hui, elle génère ses rapports en un clic.
Vos données. Chez un éditeur de logiciel, vos données vivent sur ses serveurs, avec ses conditions d'export. Demandez comment les récupérer dans un format exploitable si vous partez. Sur une application sur mesure, elles sont dans une base que vous contrôlez.
Les connexions. Listez les outils qui doivent échanger des informations avec la future application : facturation, messagerie, CRM. Un logiciel du marché propose des connecteurs tout faits, mais seulement vers les outils qu'il a choisis.
Que possédez-vous vraiment après avoir acheté une application sur mesure ?
Vous devez repartir avec le code source, les accès à l'hébergement et à la base de données, le nom de domaine et une documentation, à condition que le contrat le prévoie. Sans ces éléments écrits, vous achetez un résultat visible sans maîtriser ce qui le fait fonctionner.
Le code permet à n'importe quel développeur de corriger ou de faire évoluer l'application. Je précise dans le devis sous quelle forme vous le recevez et à quel moment. Un dépôt de code accessible au client évite les discussions floues si vous changez un jour de prestataire.
L'hébergement et le nom de domaine doivent être à votre nom, ou du moins sous votre contrôle. La documentation n'a pas besoin d'être longue : comment lancer le projet, où se trouvent les paramètres, quels services externes sont connectés. Elle fait partie, avec la formation et la maintenance, de ce que je livre après la mise en ligne.
Reste la question du prix dans le temps. Le devis est fixe pour le périmètre écrit ; une fonction ajoutée en cours de route est chiffrée à part et acceptée avant d'être réalisée. L'hébergement et la maintenance, eux, continuent après la livraison, et c'est normal : un outil utilisé chaque jour doit être suivi.
Si vous penchez pour le sur mesure, l'article sur l'application web sur mesure détaille le déroulé d'un projet, du cadrage au MVP. Je travaille depuis Nantes avec des entreprises de Loire-Atlantique, de Bretagne et d'ailleurs. Le premier appel dure 30 minutes et ne coûte rien : c'est souvent là qu'on tranche entre acheter et faire développer.